Citation patrimoniale et historique


Source: Bulletin Mémoires Vives – Aquarelle de Cockburn (vers 1830) montrant les ruines de l’église de l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, fermée au culte en 1816.

Hier soir en séance, le conseil de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a adopté un règlement pour la citation patrimoniale des vestiges de l’église et de la croix de commémoration situés dans l’Anse-à-Maheu.

« Situé dans l’Anse-à-Maheu, ce site est d’une grande importance patrimoniale par la présence de vestiges en pierre associés à l’église ouverte au culte entre 1723 et 1816, et par celle d’éléments commémoratifs érigés à cet endroit en 1946.

C’est à proximité du fleuve que les premiers noyaux villageois de SaintAugustin se sont développés et que l’église en pierre a été construite dans l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, à l’époque de la NouvelleFrance. Pendant plus d’un siècle, l’église en pierre de l’Anse-à-Maheu a été, avec le moulin banal, au cœur de la vie quotidienne du premier village de Saint-Augustin, situé sur le chemin du Roy, près du fleuve.

Des éléments matériels ont été mis au jour dès les premières interventions archéologiques dans les années 1960 et d’autres plus tard. En plus d’éléments associés au presbytère construit en 1698 et de certains restes osseux rappelant le cimetière ceinturant l’église, une partie des fondations en pierre de cette église a été exposée puis répertoriée. Ce sont ces derniers éléments qui nous intéressent davantage puisqu’en partie toujours visibles ou, du moins, partiellement conservés sous le couvert végétal. Étant donné que le site n’a été que peu bouleversé au cours des années, tout porte à croire que la partie enfouie du site est dans un bon état de conservation.

Rares sont les témoins à Saint-Augustin de l’occupation du territoire au 18e siècle, cela renforce d’autant plus l’importance de conserver, de protéger l’endroit et éventuellement le mettre en valeur. Bien que le site ne soit pas particulièrement menacé à l’heure actuelle, il reste fragile par sa localisation sur une propriété privée.

De plus, une croix en métal ajouré, aujourd’hui recouverte de lierre, est toujours présente sur le site, approximativement là où s’élevait le chœur de l’église en pierre. Cette croix a été élevée par le conseil municipal en 1946 à l’occasion des fêtes du 255e anniversaire de la paroisse. À cette même occasion, une plaque commémorative a également été apposée afin de garder en mémoire l’utilisation ancienne de l’église et de l’endroit par les paroissiens.

Ces éléments présentent un intérêt patrimonial historique et emblématique pour la Ville. Il est important de sauvegarder les fondations de cette église du 18e siècle qui renfermerait toujours, selon l’archéologue Michel Gaumond, la pierre angulaire dont le texte gravé est rapporté dans le journal du curé Pierre Auclair Desnoyers qui a fait construire l’église.

La citation du site de l’église en pierre de l’Anse-à-Maheu permettra de conserver dans son état actuel le site comprenant les vestiges enfouis conservés partiellement ainsi que les éléments commémoratifs rappelant à la mémoire l’histoire du lieu.

Le propriétaire de l’immeuble patrimonial cité doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation de la valeur patrimoniale de ce bien. »

Source: Règlement no 2018-572 de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

Un peu d’histoire…

Le District 3 – Lahaye

Le district 3 a été nommé «Lahaye» en référence au développement résidentiel sur la terre «Stanislas Lahaye», fils de «Tobie Lahaye», dans la deuxième moitié des années 1970 (environ 350 unités d’habitation).

Le train a amené à Saint-Augustin-de-Desmaures (SAD) «Tobie Lahaye» et sa femme Julia-Anna Savard au milieu des années 1890. Tobie est devenu chef de gare et il habitait sur place avec femme et enfants.

En 1909, il achète une terre et se fait construire une maison (au 369 route 138), une grande maison; la famille est nombreuse. Il est prévoyant pour l’avenir. Un dernier enfant va naître en 1910, Stanislas Lahaye, qui va se marier en 1938 à Thérèse Juneau.

Stanislas Layahe va assurer la relève en étant cultivateur. Ses parents auront leur appartement dans la grande maison que Tobie a fait construire.

Ils vont mourir âgés; Tobie décède à 93 ans en 1958. Stanislas Lahaye aura une famille nombreuse, 8 enfants.

Stanislas L. est décédé chez lui en 2011 à 101 ans et sa femme Thérèse à 96 ans en 2014.

À l’âge de 65 ans, Stanislas Lahaye a vendu sa terre pour le développement résidentiel. Cependant, il a pris soin de garder son érablière au sud de sa terre (dans le coteau) qui jouxte le chemin du Roi. Cette dernière est toujours la propriété des Lahaye.

En donnant le nom de Lahaye à ce district, la municipalité de SAD a agi comme «passeur de mémoire».

Source: Bertrand Juneau, Président de la Société d’histoire de Saint-Augustin

La Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures

Panneau d’information historique au Boisé-Saint-Félix, une contribution de la Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures

Le conseil poursuit ses rencontres avec les organismes qui œuvrent dans notre ville.

Hier soir, c’était au tour de la Société d’histoire de Saint-Augustin. Plusieurs membres du conseil d’administration étaient présents.

Depuis sa fondation en 2011, la Société d’histoire s’est donnée pour mission d’être…

«Capteur et passeur de mémoire.»

Pour se faire, les bénévoles :

  • Recueillent, conservent et rendent accessible à la population différents documents historique, photos d’époque et témoignages des bâtisseurs de notre ville;
  • Organisent 6 conférences gratuites à chaque année avec une assistance moyenne de 150 personnes sur l’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures et de ses environs;
  • Favorisent la recherche et le partage des connaissances en produisant des documentaires, capsules et courts métrages;
  • S’impliquent à travers plusieurs projets et réalisations: publications d’articles, livres, BaladoDécouverte, restauration des Calvaires du Lac et du cimetière, installation de panneaux d’information historique dans des parcs à proximité du Chemin du Roy, expositions, «criées», numérisation de films datant 1940 à aujourd’hui, de cartes anciennes, hommages à des familles pionnières;
  • Font découvrir aux plus jeunes la riche histoire de Saint-Augustin au temps de la Nouvelle-France en organisant des visites commentées du chemin du Roy en autobus scolaire à des groupes de 4ième année des écoles Les Bocages et Les Pionniers;
  • Participent avec ces mêmes élèves à des projets spéciaux éducatifs: conception d’une carte interactive intelligente des attraits patrimoniaux de la ville, conception de jeux de société, visites de classes et personnification d’habitants de la Nouvelle-France;
  • Offrent leurs services à son principal partenaire, soit la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, et à tous les Augustinois désirant promouvoir la conservation et la mise en valeur du patrimoine de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Comme vous pouvez le constater, la Société d’histoire de Saint-Augustin est bien vivante et joue un rôle essentiel. Tout le travail accompli est impressionnant.

Les membres et les administrateurs sont animés d’une grande passion et l’avenir semble très prometteur.

Site web: http://histoirestaugustin.com

Séance de consultation publique le 12 décembre prochain: Citation patrimoniale et historique


Source: Bulletin Mémoires Vives – Aquarelle de Cockburn (vers 1830) montrant les ruines de l’église de l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, fermée au culte en 1816.

La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures tiendra une consultation publique pour la citation patrimoniale des vestiges de l’église et de la croix de commémoration situés dans l’Anse-à-Maheu. Celle-ci aura lieu mercredi le 12 décembre prochain à 19h00, à l’Hôtel de Ville.


Un peu d’histoire…

«La seigneurie de Maur est l’une des 300 seigneuries attribuées de part et d’autre du fleuve sous le Régime français.

Pragmatiques, les premiers habitants s’installent près de la principale voie de communication: le Saint-Laurent.

Après l’érection de Saint-Augustin en paroisse en 1691, ils construisent une chapelle (1694), puis une première église en pierre (1719-1723) à l’Anse-à-Maheu, autour de laquelle le premier village prend forme, animé par des artisans et des familles vivant principalement de l’agriculture.

Avec la construction de routes donnant accès aux concessions plus éloignées du 1er Rang, la population de Saint-Augustin augmente rapidement, passant de 309 habitants en 1706 à 801 habitants en 1739, pour atteindre un pic surprenant de 1998 habitants en 1790.

Cette croissance sur un vaste territoire engendre de nouvelles difficultés chez une population qui vit au rythme des saisons, du calendrier liturgique et des préceptes de l’Église catholique.

L’église de l’Anse-à-Maheu, trop petite et en mauvais état (elle a été bombardée par les Anglais en 1759), se trouve bien loin pour les habitants des concessions plus au nord. Aussi ceux-ci décident-ils de bâtir une chapelle en 1804 avec l’idée de former une nouvelle paroisse.

Mgr Plessis ordonne la construction d’une nouvelle église, mais sur une terre entre le 1er et le 2e Rang. Érigée dès 1809, elle est ouverte au culte en 1816.

Les conséquences de cette décision forgeront les traits actuels de Saint-Augustin. En quelques décennies, le centre du village se déplace et se forme près de l’église, où se concentrent marchands et artisans. Autour du noyau paroissial, les habitants poursuivent la culture des terres et l’exploitation des forêts.»

Source: «Saint-Augustin-de-Desmaures: Une histoire en accéléré», Bertrand Juneau, historien