Il y a 372 ans…

Gouverneur de Montmagny

Source: Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures

«Le 18 septembre 1647, le gouverneur de Montmagny concéda à Jean Juchereau, sieur de Maure (Maur), une seigneurie le long du fleuve St-Laurent qui devint St-Augustin-de-Portneuf.

La seigneurie comprend « deux lieues et demie de front sur une lieue et demie de profondeur le long du Saint-Laurent au-delà de la rivière du Cap-Rouge »; bref, il s’agit d’un vaste territoire de 90 km2.

Pragmatiques, les premiers habitants s’installent principalement à partir de 1663  près de la principale voie de communication : le Saint-Laurent. Dix-sept Filles du Roy viennent s’y établir avec leurs maris. Même si l’année 1691 a été retenue par l’histoire comme étant celle de l’érection canonique de la paroisse, il n’existe aucun document pour le prouver. On estime qu’au moment de la construction d’une première chapelle en 1694, il y avait un noyau de 200 âmes. C’est le curé Pierre Auclair-Desnoyers (1713-1748) qui est le principal bâtisseur ; il fait construire au bord du fleuve une première église en pierre (1719-1723), autour de laquelle le premier village prend forme, animé par des artisans et des familles vivant essentiellement de l’agriculture.

Événement clé dans l’histoire de la municipalité : à la suite du décès tragique du quatrième seigneur, François Aubert de la Chesnaye, et de l’incapacité de sa veuve de rencontrer les obligations financières, la seigneurie est mise aux enchères. Les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec en deviennent propriétaires en 1734 au nom des « Pauvres ». Elles la conserveront jusqu’en 1868. Elles se réservent une terre qui devient le domaine des Pauvres, toujours visible dans le rang des Mines. Les revenus leur permettront de remplir leur mission auprès des pauvres de leur hôpital, à Québec.

Assumant avec rigueur leur responsabilité de « seigneur », les Augustines favorisent le développement de la seigneurie. Le meilleur exemple : leur volonté de faire fonctionner le moulin banal, outil indispensable à la vie quotidienne, construit là où la décharge du lac Saint-Augustin se jette dans le fleuve. Elles remettent le moulin à farine en marche en 1737, puis le rebâtissent après l’incendie de 1741. Elles font ensuite construire un canal de dérivation sur près de deux kilomètres, de la rivière du Cap-Rouge au lac Saint-Augustin, afin de réguler l’alimentation en eau du moulin à deux roues. Les Anglais brûlent l’édifice en 1760, mais qu’à cela ne tienne, un nouveau moulin en pierre de trois étages fonctionne déjà en 1762. Il demeure jusqu’en 1884, alors qu’il est à nouveau détruit par un incendie. Malheureusement, à la suite d’un glissement de terrain survenu en 1939, il n’en reste aucun vestige, seulement le souvenir de son emplacement à la décharge du lac Saint-Augustin, au bout du chemin y conduisant. Le décor invite à la rêverie et, avec un peu d’imagination, on peut entendre les pierres moudre le grain.

Nouvelle église, nouveau village

Avec la construction de routes donnant accès aux concessions plus éloignées du 1er Rang, la population de Saint-Augustin augmente rapidement, passant de 309 habitants en 1706 à 801 habitants en 1739, pour atteindre un pic surprenant de 1998 habitants en 1790.

S’étalant sur un vaste territoire, cette croissance engendre de nouvelles difficultés chez une population qui vit au rythme des saisons, du calendrier liturgique et des préceptes de l’Église catholique. L’église de l’Anse-à-Maheu, trop petite et en mauvais état (elle a été bombardée par les Anglais en 1759), se trouve bien loin des habitants des concessions plus au nord. Aussi ceux-ci décident-ils de bâtir une chapelle en 1804, avec l’idée de former une nouvelle paroisse. Mgr Plessis ordonne la construction d’une nouvelle église, mais sur une terre, propriété du curé, entre le 1er  et le 2e  Rang. Érigée dès 1809, elle est ouverte au culte en 1816. Les conséquences de cette décision forgeront les traits actuels de Saint-Augustin. En quelques décennies, le centre du village se déplace et s’établit autour de la nouvelle église, où se concentrent marchands et artisans. Autour du noyau paroissial, les habitants poursuivent la culture des terres et l’exploitation des forêts. Du premier village près du fleuve, il ne subsiste aujourd’hui que des vestiges et des plaques commémoratives. La nature y a cependant planté son décor pour toujours.

L’urbanisation gagne du terrain

Saint-Augustin-de-Desmaures est une municipalité essentiellement agricole jusqu’aux années 1960, moment où elle vit sa « révolution tranquille » : fermeture des écoles de rang, ouverture du Séminaire Saint-Augustin et de l’école Notre-Dame-de-Foy, adhésion à la Communauté urbaine de Québec en 1969, ouverture d’un parc industriel et premiers développements résidentiels au début des années 1970.

La création d’un parc industriel en 1971 et la construction de l’autoroute 40 en 1976, qui traverse le territoire d’est en ouest, modifient profondément l’aspect de la municipalité en mettant fin à l’activité de nombreuses petites exploitations agricoles.

Les années 1980 et 1990 voient un deuxième pôle résidentiel d’importance se développer au sud du lac Saint-Augustin. C’est ainsi que la population passe de 3000 à 18 000 habitants entre 1971 et 2009. Cet apport massif de population amène la mise en place et l’ajustement de nombreux services, allant de la bibliothèque à la sécurité, en passant par le transport en commun.

En un peu plus de 20 ans, le développement accéléré de Saint-Augustin-de-Desmaures lui a conféré un nouveau visage. La municipalité a dû trouver l’équilibre entre des pôles résidentiels offrant une qualité de vie satisfaisante, un secteur institutionnel comptant des maisons d’enseignement, une vocation récréative (grands espaces et proximité du fleuve obligent) ainsi qu’un secteur commercial et industriel, dont le parc regroupe 125 entreprises de fabrication, de services, de distribution et de recyclage. En 2002, la municipalité de Saint-Augustin-de- Desmaures est intégrée à un arrondissement de la ville de Québec dans la foulée des fusions municipales. Cependant, après un référendum tenu en 2004 sur le choix, entre le maintien de la fusion ou la défusion, les citoyens choisissent la reconstitution de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, le 1er  janvier 2006.»

Source: Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures

Citation patrimoniale et historique


Source: Bulletin Mémoires Vives – Aquarelle de Cockburn (vers 1830) montrant les ruines de l’église de l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, fermée au culte en 1816.

Hier soir en séance, le conseil de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a adopté un règlement pour la citation patrimoniale des vestiges de l’église et de la croix de commémoration situés dans l’Anse-à-Maheu.

« Situé dans l’Anse-à-Maheu, ce site est d’une grande importance patrimoniale par la présence de vestiges en pierre associés à l’église ouverte au culte entre 1723 et 1816, et par celle d’éléments commémoratifs érigés à cet endroit en 1946.

C’est à proximité du fleuve que les premiers noyaux villageois de SaintAugustin se sont développés et que l’église en pierre a été construite dans l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, à l’époque de la NouvelleFrance. Pendant plus d’un siècle, l’église en pierre de l’Anse-à-Maheu a été, avec le moulin banal, au cœur de la vie quotidienne du premier village de Saint-Augustin, situé sur le chemin du Roy, près du fleuve.

Des éléments matériels ont été mis au jour dès les premières interventions archéologiques dans les années 1960 et d’autres plus tard. En plus d’éléments associés au presbytère construit en 1698 et de certains restes osseux rappelant le cimetière ceinturant l’église, une partie des fondations en pierre de cette église a été exposée puis répertoriée. Ce sont ces derniers éléments qui nous intéressent davantage puisqu’en partie toujours visibles ou, du moins, partiellement conservés sous le couvert végétal. Étant donné que le site n’a été que peu bouleversé au cours des années, tout porte à croire que la partie enfouie du site est dans un bon état de conservation.

Rares sont les témoins à Saint-Augustin de l’occupation du territoire au 18e siècle, cela renforce d’autant plus l’importance de conserver, de protéger l’endroit et éventuellement le mettre en valeur. Bien que le site ne soit pas particulièrement menacé à l’heure actuelle, il reste fragile par sa localisation sur une propriété privée.

De plus, une croix en métal ajouré, aujourd’hui recouverte de lierre, est toujours présente sur le site, approximativement là où s’élevait le chœur de l’église en pierre. Cette croix a été élevée par le conseil municipal en 1946 à l’occasion des fêtes du 255e anniversaire de la paroisse. À cette même occasion, une plaque commémorative a également été apposée afin de garder en mémoire l’utilisation ancienne de l’église et de l’endroit par les paroissiens.

Ces éléments présentent un intérêt patrimonial historique et emblématique pour la Ville. Il est important de sauvegarder les fondations de cette église du 18e siècle qui renfermerait toujours, selon l’archéologue Michel Gaumond, la pierre angulaire dont le texte gravé est rapporté dans le journal du curé Pierre Auclair Desnoyers qui a fait construire l’église.

La citation du site de l’église en pierre de l’Anse-à-Maheu permettra de conserver dans son état actuel le site comprenant les vestiges enfouis conservés partiellement ainsi que les éléments commémoratifs rappelant à la mémoire l’histoire du lieu.

Le propriétaire de l’immeuble patrimonial cité doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation de la valeur patrimoniale de ce bien. »

Source: Règlement no 2018-572 de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

Séance de consultation publique le 12 décembre prochain: Citation patrimoniale et historique


Source: Bulletin Mémoires Vives – Aquarelle de Cockburn (vers 1830) montrant les ruines de l’église de l’Anse-à-Maheu, au pied de la côte Gagnon, fermée au culte en 1816.

La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures tiendra une consultation publique pour la citation patrimoniale des vestiges de l’église et de la croix de commémoration situés dans l’Anse-à-Maheu. Celle-ci aura lieu mercredi le 12 décembre prochain à 19h00, à l’Hôtel de Ville.


Un peu d’histoire…

«La seigneurie de Maur est l’une des 300 seigneuries attribuées de part et d’autre du fleuve sous le Régime français.

Pragmatiques, les premiers habitants s’installent près de la principale voie de communication: le Saint-Laurent.

Après l’érection de Saint-Augustin en paroisse en 1691, ils construisent une chapelle (1694), puis une première église en pierre (1719-1723) à l’Anse-à-Maheu, autour de laquelle le premier village prend forme, animé par des artisans et des familles vivant principalement de l’agriculture.

Avec la construction de routes donnant accès aux concessions plus éloignées du 1er Rang, la population de Saint-Augustin augmente rapidement, passant de 309 habitants en 1706 à 801 habitants en 1739, pour atteindre un pic surprenant de 1998 habitants en 1790.

Cette croissance sur un vaste territoire engendre de nouvelles difficultés chez une population qui vit au rythme des saisons, du calendrier liturgique et des préceptes de l’Église catholique.

L’église de l’Anse-à-Maheu, trop petite et en mauvais état (elle a été bombardée par les Anglais en 1759), se trouve bien loin pour les habitants des concessions plus au nord. Aussi ceux-ci décident-ils de bâtir une chapelle en 1804 avec l’idée de former une nouvelle paroisse.

Mgr Plessis ordonne la construction d’une nouvelle église, mais sur une terre entre le 1er et le 2e Rang. Érigée dès 1809, elle est ouverte au culte en 1816.

Les conséquences de cette décision forgeront les traits actuels de Saint-Augustin. En quelques décennies, le centre du village se déplace et se forme près de l’église, où se concentrent marchands et artisans. Autour du noyau paroissial, les habitants poursuivent la culture des terres et l’exploitation des forêts.»

Source: «Saint-Augustin-de-Desmaures: Une histoire en accéléré», Bertrand Juneau, historien